Affaire Estelle Mouzin : les enquêteurs tentent sans relâche de retrouver le corps de la fillette

Quelques semaines après l'aveu de Michel Fourniret, qui a reconnu le meurtre d'Estelle Mouzin, les enquêteurs fouillent les propriétés de l'homme que l'on surnomme l'Ogre des Ardennes. Le but : retrouver le corps de la fillette disparue en 2003.

Affaire Estelle Mouzin : les enquêteurs tentent sans relâche de retrouver le corps de la fillette
© Michel Fourniret en 2004 - ISOPRESS SENEPART/IS/SIPA

[Mis à jour mercredi 24 juin à 18h41] Les enquêteurs fouillent les lieux de résidence de Michel Fourniret depuis plusieurs jours, afin de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, fillette disparue à l'âge de 9 ans en 2003. Le 22 juin, c'est sa maison de Ville-sur-Lumes qui a été cherchée de fond en comble, sans succès. Les 23 et 24 juin, les gendarmes, militaires et experts ont fouillé le château du Sautou, ancienne propriété de Michel Fourniret, située dans la commune de Donchery. 
Didier Seban, l'un des avocats de la famille Mouzin, avait déclaré la veille : "Il y a eu des portes fermées (…) des endroits qu'on peut écarter aujourd'hui et il reste encore beaucoup à faire". L'homme de loi a également précisé que d'autres fouilles devraient être menées en Belgique.

Michel Fourniret reconnaît le meurtre d'Estelle Mouzin

Michel Fourniret avait reconnu le meurtre d'Estelle Mouzin, alors qu'il était entendu par la juge Sabine Kheris au tribunal judiciaire de Paris le 5 mars. 

L'homme, surnommé l'Ogre des Ardennes, n'avait pas donné plus de détails sur l'endroit où repose le corps, ni les conditions dans lesquelles il aurait tué la petite fille. "Les circonstances, la suite, le déroulement, c'est dans les oubliettes", avait-il déclaré à la juge.

Son ex-épouse, l'élément déclencheur

Le tueur en série de 77 ans avait déjà été entendu par la justice le 27 novembre 2019. Il avait finalement été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort" dans l'affaire de la disparition d'Estelle Mouzin, âgée de 9 ans à l'époque. Un rebondissement possible grâce au témoignage de son ex-épouse et complice Monique Olivier, qui avait été entendue par la justice une semaine plus tôt. 

En 2010, elle avait validé l'alibi de Michel Fourniret, assénant que son époux se trouvait à Sart-Custinne le jour de la disparition et qu'il avait passé un coup de téléphone à son fils pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Le 21 novembre, celle-ci avait finalement décrédibilisé l'alibi de l'Ogre des Ardennes et avait précisé que c'était elle qui avait passé ce fameux coup de fil, le jour de la disparition d'Estelle Mouzin. 

Désormais, selon son avocat Me Richard Delgenes, l'ex-femme du tueur en série "n'est plus sous l'emprise de Michel Fourniret comme cela a pu être le cas pendant longtemps". "La France s'est toujours demandé ce qui était arrivé à Estelle. Si cette piste-là est la bonne… Encore une fois, il faut garder la tête froide. Mais si cette piste-là est la bonne, et nous croyons qu'elle est la bonne, nous saurons qui a causé ce malheur", avait commenté Didier Seban, avocat d'Eric Mouzin, père de la fillette disparue.

Lydie Logé : un lien avec l'ogre des Ardennes ? 

Michel Fourniret et son ex-épouse Monique Olivier avaient également été placés en garde à vue le 12 novembre, dans le cadre d'une tout autre enquête : celle de la disparition de Lydie Logé en 1993, selon BFMTV. Les faits remontent au 18 décembre 1993. À l'époque, la jeune femme de 29 ans ne donne plus de signe de vie, du jour au lendemain. Elle disparaît à Boischampré, dans l'Orne. Deux enquêtes sont entamées de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, mais aboutissent toutes deux à des non-lieux

Ce n'est qu'en 2018 que la piste se précise un tant soit peu. Le parquet d'Argentan ouvre une enquête pour "disparition inquiétante". Quelques mois plus tard, des traces sont retrouvées dans la camionnette de Michel Fourniret et correspondent au profil génétique de proches de la jeune femme. Le tueur en série aurait-il un lien avec la disparition de la jeune femme de 29 ans ? 

L'homme, surnommé l'Ogre des Ardennes, a été condamné en 2008 à la perpétuité pour l'enlèvement et le meurtre de sept jeunes femmes entre 1987 et 2001. "La probabilité qu'il y ait un lien est petite", a toutefois précisé à l'AFP le procureur de la République à Argentan, Hugues de Phily.